Le Fratricide
I. La Loi Martiale (Jaxx)
Sept jours.
Cela faisait sept jours qu'ils avaient crashé. Sept jours qu'ils vivaient dans des tentes faites de parachutes et de débris. Sept jours que Jaxx n'avait pas dormi plus de deux heures d'affilée.
Il marchait le long du périmètre, son fusil à l'épaule. La poussière rouge s'infiltrait partout. Dans les yeux, dans le nez, dans la nourriture, dans les mécanismes des armes.
Le campement ressemblait à un bidonville futuriste. Le Shangô, brisé en deux, servait de bâtiment principal (infirmerie et commandement). Autour, une cinquantaine d'abris s'agglutinaient.
Ils étaient 783 survivants. 42 blessés graves. 11 morts depuis le crash (manque de soins, froid, suicide).
Jaxx s'arrêta devant le réservoir d'eau principal. Deux gardes (des anciens mineurs de Volkov) somnolaient.
— Debout ! aboya Jaxx.
Les gardes sursautèrent.
— Désolé, Chef. La fatigue...
— La fatigue tue. Si vous dormez, Amara entre. Si Amara entre, on meurt de soif. Compris ?
— Compris, Chef.
Jaxx continua sa ronde. Il détestait ce qu'il était devenu. Il n'était plus un soldat. Il était un maton.
Il devait rationner l'eau. Il devait séparer les bagarres. Il devait confisquer les couteaux.
Hier, il avait dû frapper un homme qui essayait de voler une ration de protéines. L'homme l'avait regardé avec haine. "Tu es pire que Tundé", avait-il craché.
Jaxx s'arrêta devant la tente de Sètondji. Le vieux diplomate ne sortait plus beaucoup. Ses blessures guérissaient mal.
Jaxx entra.
Sètondji était assis devant une carte manuscrite de la région. Ayodele, l'enfant prophète, dessinait à côté de lui.
— Rapport ? demanda Sètondji.
— Les recycleurs d'air du Secteur 2 sont en panne. Encore.
Sètondji leva les yeux.
— Panne ou sabotage ?
— Je ne sais pas. Mais le câble a l'air d'avoir été coupé net.
Un silence lourd tomba.
— Il y a un traître, Jaxx, dit Sètondji. Quelqu'un qui travaille pour Elle.
— Qui ? J'ai vérifié tout le monde. Nyla a scanné les implants. Personne n'émet de signal vers l'orbite.
— Amara n'a pas besoin de radio. Elle utilise les rêves. Elle utilise la peur.
Sètondji pointa la carte.
— Le signal de l'Ouest... "Bienvenue à la Maison". Il a recommencé ce matin.
— C'est un leurre, dit Jaxx. Un piège pour nous faire sortir.
— Peut-être. Mais on ne peut pas rester ici. L'eau baisse. Dans deux semaines, on est secs.
— Si je trouve le saboteur, je le tue, dit Jaxx froidement.
Sètondji le regarda longuement.
— Fais attention, mon ami. Le désert change les hommes plus vite que la forêt. Ne deviens pas le monstre que tu combats.
II. L'Eau Noire (Jaxx & Thabo)
Une heure plus tard, l'alarme retentit.
Pas une sirène (il n'y avait plus d'électricité pour ça). Une cloche, frappée frénétiquement.
Jaxx courut vers le réservoir d'eau.
Une foule s'était rassemblée. Des cris. Des pleurs.
Thabo essayait de repousser les gens.
— Reculez ! Ne buvez pas !
Jaxx fendit la foule, jouant des coudes.
Il arriva devant la vanne de distribution. Une flaque s'était formée au sol.
L'eau n'était pas claire. Elle était noire.
Jaxx trempa son doigt dedans. Il sentit.
Une odeur d'amande amère. Et de pourriture.
— Cyanure ? demanda Thabo, le visage gris.
— Non. Spores.
Jaxx regarda le réservoir. Quelqu'un avait ouvert la trappe d'inspection et jeté... quelque chose dedans. Une culture fongique.
L'eau était contaminée. 5000 litres. La moitié de leur réserve.
— C'est un meurtre de masse, murmura Thabo.
La foule commença à gronder. Ils avaient soif. Ils avaient peur.
— C'est lui ! cria une femme en pointant un homme du doigt. Je l'ai vu près de la trappe ce matin !
L'homme, un technicien nommé Paul, recula, terrifié.
— Non ! C'est faux ! Je vérifiais les joints !
— Menteur ! Il a été "touché" par Amara avant le départ ! J'ai vu ses yeux !
La foule se jeta sur Paul.
— ARRÊTEZ ! hurla Jaxx.
Il tira un coup de feu en l'air. Le bruit claqua comme un fouet dans l'air sec.
Le silence revint.
Jaxx s'avança vers Paul. Il l'empoigna par le col et le souleva de terre.
— Tu as empoisonné l'eau, Paul ?
— Non ! Je le jure, Jaxx ! J'ai des enfants ici ! Pourquoi je ferais ça ?
Jaxx regarda dans les yeux de Paul. Il cherchait la lueur verte. L'indice de l'influence d'Amara.
Les yeux de Paul étaient bruns. Terrifiés. Humains.
Mais Jaxx savait qu'Amara pouvait être subtile.
— Fouillez sa tente, ordonna Jaxx à Thabo.
Thabo revint cinq minutes plus tard. Il tenait un petit sac en plastique.
À l'intérieur, il y avait des bulbes noirs. Les mêmes que ceux qui flottaient dans l'eau.
Paul écarquilla les yeux.
— Ce n'est pas à moi ! Quelqu'un les a mis là !
La foule hurla à nouveau. "Tuez-le ! Tuez le traître !"
Jaxx regarda le sac. Puis il regarda Paul.
C'était trop facile. Trop évident. Amara n'était pas du genre à laisser des preuves sous l'oreiller.
Mais la foule voulait du sang. Si Jaxx ne faisait rien, ils allaient lyncher Paul, et l'émeute se propagerait. L'autorité s'effondrerait.
Il devait choisir. La Justice ou l'Ordre.
Il sortit son pistolet. Il le braqua sur la tempe de Paul.
Paul se mit à pleurer.
— Jaxx... s'il te plaît... on a bu des bières ensemble...
Jaxx sentit son doigt peser sur la gâchette. Une tonne.
Il regarda Sètondji qui était arrivé. Le vieux sage secoua la tête imperceptiblement. Ne fais pas ça.
Jaxx baissa son arme.
— Enfermez-le, dit-il. On le jugera demain.
La foule protesta. Des pierres volèrent. Une toucha Jaxx à l'épaule.
— J'AI DIT DEMAIN ! rugit-il.
Les gardes emmenèrent Paul.
Jaxx resta seul devant la flaque d'eau noire. Il avait gagné du temps. Mais il savait que le vrai traître était toujours là, dans l'ombre, en train de rire.
III. L'Enquête (Jaxx & Nyla)
Nyla l'attendait dans le module de commandement. Elle analysait les logs des caméras (qui fonctionnaient par intermittence).
— Tu as bien fait de ne pas le tuer, dit-elle sans se retourner.
— La foule voulait sa tête. Demain, ils viendront la chercher.
— Regarde ça.
Nyla pointa l'écran. Une image granuleuse, prise à 03h00 du matin près du réservoir.
On voyait une silhouette.
Ce n'était pas Paul. Paul était grand et maigre.
La silhouette était petite. Voûtée.
Et elle ne marchait pas. Elle glissait.
— On dirait... un enfant ? suggéra Jaxx.
— Ou un adulte qui se déplace à quatre pattes. Regarde son bras droit.
Jaxx plissa les yeux. Le bras de la silhouette semblait... trop long. Articulé bizarrement.
— Un Hybride, souffla Jaxx.
— Un Hybride infiltré. Qui a passé les scans.
— Comment c'est possible ? Les scans détectent la densité osseuse et la chlorophylle.
— Sauf si l'Hybride est creux. Sauf si c'est une peau humaine portée par... autre chose.
Jaxx eut un haut-le-cœur.
— Tu veux dire qu'on a un "Skinwalker" dans le camp ?
— Je veux dire qu'Amara a envoyé un drone biologique. Une enveloppe.
— Qui ? Qui a disparu récemment ? Ou qui a changé de comportement ?
Nyla tapa une commande.
— Il y a trois personnes qui n'ont pas pointé à la cantine depuis deux jours.
- Sarah Mbeki (Géologue).
- David Chen (Mecano).
- Le Père Thomas (L'aumônier).
Jaxx réfléchit.
— Le Père Thomas... Il a fait le sermon hier. Il parlait du "Jardin d'Éden". De la "Seconde Chance".
— C'est suspect pour un crashé, dit Nyla.
— Où est-il ?
— Chapelle improvisée. Tente 4.
Jaxx vérifia son chargeur. Il mit des balles incendiaires.
— Reste ici. Surveille les écrans. Si ça tourne mal, verrouille le module.
— Jaxx... fais attention. Ce truc... ce n'est pas humain.
Jaxx sortit dans la nuit glaciale.
Il allait tuer un prêtre. Ou ce qui vivait à l'intérieur.
IV. La Confession (Jaxx vs L'Entité)
La tente 4 sentait l'encens et la vieille sueur.
Le Père Thomas était agenouillé devant une croix en bois. Il priait.
— Et délivre-nous du Mal... car c'est à toi qu'appartiennent le règne, la puissance et la gloire...
Sa voix était rauque. Un peu trop grave.
— Père ? appela Jaxx doucement.
Le prêtre ne se retourna pas.
— Jaxx. Je t'attendais.
— Vous savez pourquoi je suis là.
— Pour l'eau. C'est dommage. C'était de l'eau bénite. Amara l'avait bénie.
Jaxx leva son arme.
— Tournez-vous.
Le prêtre se tourna.
Son visage était... étrange. La peau semblait trop lâche. Les yeux ne clignaient pas.
— Pourquoi, Thomas ? demanda Jaxx. Vous étiez un homme bon.
— Thomas est mort dans le crash, Jaxx. Je porte son deuil. Littéralement.
La chose sourit. La peau de la bouche se déchira, révélant des dents noires et pointues en dessous.
— Je suis un Messager. Je viens vous offrir la Paix.
— En nous empoisonnant ?
— La mort est la seule paix durable. Rejoignez le Jardin. Il n'y a plus de douleur là-bas.
Jaxx tira.
La balle incendiaire frappa le prêtre en pleine poitrine.
Il ne tomba pas.
La poitrine s'ouvrit comme une fleur carnivore. Des tentacules jaillirent de la plaie, éteignant le feu.
La "chose" se jeta sur Jaxx.
Elle était rapide. Incroyablement rapide. Elle le plaqua au sol. Jaxx sentit une odeur fétide de charogne et d'humus.
La gueule du monstre s'ouvrit au-dessus de son visage. Une langue en forme de dard sortit.
Jaxx lutta. Il était fort, mais la chose avait la force d'un vérin hydraulique.
Il chercha son couteau.
— Mange, siffla la chose. Mange la terre.
Soudain, un coup de feu claqua.
La tête du monstre explosa.
Jaxx repoussa le corps inerte. Il se releva, haletant, couvert de sang noir.
Il regarda vers l'entrée de la tente.
C'était Paul. Le technicien accusé à tort. Il tenait un pistolet volé, tremblant de tous ses membres.
— Je... je vous ai suivi, bégaya Paul. Je voulais prouver...
Jaxx regarda Paul. Puis il regarda le cadavre du Skinwalker qui commençait à se désagréger en une bouillie verte.
Il s'approcha de Paul. Il lui prit l'arme des mains.
— Tu as bien fait, dit Jaxx.
Il posa une main sur l'épaule du technicien.
— Tu m'as sauvé la vie. Et tu as sauvé ton honneur.
Paul s'effondra en larmes.
Jaxx regarda le corps. C'était fini. Le traître était mort.
Mais il savait que ce n'était que le début. Amara avait envoyé un éclaireur. Elle savait où ils étaient.
Il sortit de la tente.
L'aube se levait sur Isidis.
Jaxx tira une fusée de détresse rouge. C'était le signal "Menace Écartée".
La foule, au loin, poussa un hurlement de soulagement.
Mais Jaxx ne souriait pas.
Il savait qu'il fallait partir. Vite. Vers l'Ouest. Vers le signal mystérieux.
Vers la "Maison".
V. L'Autopsie (Nyla & Zewdi)
Le corps du "Père Thomas" avait été transporté dans un container hermétique, loin du campement.
Nyla, en combinaison Hazmat (l'une des rares rescapées du crash), manipulait les restes visqueux avec des pinces longues. Zewdi observait, sans protection, un foulard sur le nez.
— Regarde ça, dit Nyla.
Elle écarta les côtes (qui n'étaient pas des os, mais du cartilage noir). À la place du cœur, il y avait un organe pulsatile, vert fluorescent.
— Ce n'est pas un cœur, dit Nyla. C'est un émetteur.
— Elle nous écoute ? demanda Zewdi.
— Pire. Elle nous triangule. Chaque battement de ce truc envoie un ping subspatial vers l'orbite. C'est comme ça qu'elle a su pour l'eau.
Zewdi s'approcha. Elle saupoudra un peu de cendre sur la créature. La chair fuma.
— Ce n'est pas Thomas, dit-elle. Thomas est mort il y a longtemps. C'est un Djin. Un esprit voleur de peau.
— C'est un polymorphe génétique, corrigea Nyla. Amara utilise les cadavres comme matière première. Elle les remplit avec sa propre biomasse, garde le cerveau pour les souvenirs superficiels, et l'utilise comme drone.
Nyla recula, dégoûtée.
— Ça veut dire que tous nos morts... tous ceux qu'on n'a pas pu enterrer ou brûler... sont des ennemis potentiels.
— Nous devons brûler les corps, dit Zewdi. Tous. Même les os.
— On ne peut pas, dit Nyla. On n'a pas assez de carburant pour un crématorium. On a à peine assez pour les chauffages.
— Alors on les donne au désert, dit Zewdi. On les emmène loin et on les laisse aux vers de sable. Si Mars les mange, Amara ne pourra pas les prendre.
Nyla regarda "Thomas".
— Il y a un autre problème. Regarde le cerveau.
Elle ouvrit le crâne. Le cerveau était intact, mais couvert de filaments dorés.
— Elle lui a laissé sa conscience, réalisa Nyla. Thomas savait ce qu'il faisait. Il souffrait. Il était prisonnier de son propre corps.
— C'est pour ça qu'il priait, murmura Zewdi. Il demandait pardon pour ce que la Chose lui faisait faire.
Nyla ferma le container.
— On doit partir, Zewdi. Ce site est grillé. Elle connaît notre position au mètre près. Elle va envoyer une frappe orbitale, ou une armée de ces trucs.
— Jaxx ne voudra pas bouger. Les blessés ne peuvent pas marcher.
— Jaxx comprendra le langage des chiffres. Si on reste, probabilité de survie : 0%. Si on part : 0.01%. C'est mieux que zéro.
VI. La Loi du Talion (Jaxx)
Le soleil était haut. La chaleur commençait à monter (-10 degrés, une canicule martienne).
Jaxx se tenait sur une caisse, au centre du camp. Devant lui, Paul. Le héros du jour. Le voleur.
La foule était divisée. Certains criaient "Libérez-le !". D'autres, plus légalistes (ou jaloux), murmuraient qu'il fallait respecter les règles.
Jaxx leva la main. Le silence se fit.
— Paul a sauvé ma vie, dit Jaxx. Et il a tué la chose qui nous empoisonnait. Pour cela, il mérite notre gratitude.
Des applaudissements. Paul sourit timidement.
— MAIS, tonna Jaxx. Paul a volé une arme dans l'armurerie sécurisée. Il a violé le périmètre de confinement. S'il avait tiré sur un innocent par panique ?
Le silence revint.
— Nous sommes au bord du gouffre. Si chacun décide de faire sa propre loi, nous sommes morts. Il n'y a pas de place pour les cowboys ici.
Jaxx regarda Paul.
— Paul. Je te condamne à une Corvée de 1ère classe.
La foule chuchota. La Corvée de 1ère classe, c'était le pire boulot du camp : le nettoyage des latrines et le recyclage des déchets organiques.
— Tu feras ça pendant un mois, dit Jaxx. Et ton arme est confisquée.
Paul baissa la tête.
— C'est juste, dit-il.
— MAIS, ajouta Jaxx. Je te nomme aussi responsable de la Vigilance citoyenne. Tu as vu le traître quand personne d'autre ne le voyait. Tu as de bons yeux. Tu utiliseras ces yeux pour protéger le camp. Sans arme.
Paul releva la tête, surpris. Il n'était pas banni. Il était puni, mais réintégré.
— Merci, Jaxx.
Jaxx descendit de sa caisse. Il tremblait intérieurement. Il avait réussi à ne pas être un tyran, mais jusqu'à quand ?
Nyla arriva en courant.
— Jaxx ! On doit parler. Maintenant.
Ils s'éloignèrent.
— La chose était un balise, dit Nyla sans préambule. Elle a envoyé nos coordonnées. Amara sait.
Jaxx regarda le ciel. Il s'attendait à voir des missiles tomber.
— Combien de temps ?
— Je ne sais pas. Une heure ? Un jour ?
— On ne peut pas bouger les blessés si vite.
— On n'a pas le choix, Jaxx ! C'est la marche ou la mort.
Jaxx regarda le camp. Les tentes. Les gens qui commençaient à avoir un semblant de routine. Il allait devoir briser tout ça.
Il prit sa radio.
— À toutes les unités. Code Exode Rouge. On plie bagage. On part dans une heure.
— Pour aller où ? demanda la voix de Thabo, paniquée.
Jaxx regarda vers l'Ouest. Vers les montagnes.
— Vers le signal, dit-il. On va voir qui nous a invités à la maison.
VII. La Marche de la Mort (Collectif)
Le départ fut un déchirement.
Ils durent abandonner les structures lourdes. Les générateurs auxiliaires. Les réserves d'eau non filtrées.
Ils durent transformer les civières en traîneaux pour les tirer sur le sable.
À 14h00, la colonne se mit en marche.
640 personnes (trois blessés étaient morts pendant la préparation).
C'était une vision biblique. Une longue file de silhouettes encapuchonnées marchant dans la poussière rouge, sous un ciel immense et hostile.
Jaxx marchait en queue de peloton, le poste le plus dangereux. Il surveillait les arrières.
Devant lui, Sètondji était porté sur un brancard par quatre hommes. Il refusait de dormir. Il gardait les yeux fixés sur l'horizon.
Au milieu, Nyla et Koffi (qui avait retrouvé l'usage partiel de son bras grâce aux soins de Zewdi) tiraient un chariot rempli de disques durs et de batteries. L'héritage numérique de l'humanité.
Et en tête, Zewdi et Makena. Makena portait Tao dans un porte-bébé ventral.
L'enfant ne pleurait pas. Il regardait le désert avec ses yeux changeants.
Parfois, il tendait la main vers une tempête de sable au loin, et la tempête semblait s'écarter de leur chemin.
— C'est Moïse, chuchotait-on dans les rangs.
La marche était épuisante. Le sable était mou. Chaque pas demandait un effort conscient.
Au bout de quatre heures, les premiers malaises commencèrent.
Une vieille femme tomba. Déshydratation.
Jaxx courut vers elle. Il lui donna un peu de sa propre ration d'eau.
— Laissez-moi, dit-elle. Je ralentis le groupe.
— Personne ne reste derrière, dit Jaxx fermement. Thabo ! Prends-la sur ton dos !
Thabo, qui portait déjà 40 kilos de matériel, grogna mais obéit.
Jaxx regarda sa montre. Le soleil baissait. La température allait chuter à -80 degrés.
Ils devaient trouver un abri.
— Il y a un canyon à deux kilomètres, indiqua Sètondji via la radio. Une faille tectonique. Ça nous protégera du vent.
Ils accélérèrent le pas.
C'est alors qu'ils l'entendirent.
Un bourdonnement.
Venant du ciel.
Jaxx se retourna.
Au loin, venant de l'Est (du site du crash), une nuée noire approchait.
Ce n'était pas une tempête. C'était des drones. Des centaines de drones.
Amara avait lancé sa chasse.
— COUREZ ! hurla Jaxx. VERS LE CANYON !
La colonne se disloqua. La panique prit le dessus. Les gens jetaient leurs sacs pour courir plus vite.
— Ne lâchez pas le matériel ! cria Nyla.
Mais c'était trop tard. La nuée fondait sur eux.
Jaxx s'agenouilla, épaulant son fusil.
— Tireurs ! En ligne ! On les retient !
Une vingtaine de gardes se placèrent à côté de lui.
Ils étaient vingt fusils contre une armée.
Le canyon était encore à 500 mètres.
C'était la course la plus longue de leur vie.
VIII. La Bataille du Canyon (Jaxx)
— Feu à volonté !
Les vingt fusils crachèrent ensemble.
La première vague de drones explosa en vol. C'étaient des drones "kamikazes", de simples carapaces remplies d'acide. Ils fonçaient comme des frelons en piqué.
— Rechargez !
Jaxx changea son chargeur en moins d'une seconde. Son épaule le lançait (le recul des balles explosives).
La deuxième vague arriva. Plus intelligente.
Les drones se séparèrent, attaquant par les flancs. Ils évitaient les tirs directs.
— Ils contournent ! cria Paul, qui avait ramassé le fusil d'un mort.
— Tenez la ligne ! hurla Jaxx. Si on recule, ils massacrent les civils !
Un drone réussit à passer. Il plongea sur Thabo.
Thabo leva son bras pour se protéger. Le drone explosa au contact.
— AAAAH !
L'acide brûla la combinaison de Thabo, puis sa peau. Il tomba, hurlant de douleur.
— Thabo !
Jaxx courut vers lui. Il traîna son ami derrière un rocher.
Le bras de Thabo était foutu. L'os était à nu, fumant.
— Laisse-moi... Jaxx... donne-moi une grenade.
— Ferme ta gueule, soldat ! On ne meurt pas aujourd'hui !
Jaxx lui fit un garrot serré avec une sangle.
— Tiens bon !
Il retourna à la ligne de feu.
Ils n'étaient plus que douze. Huit morts en trois minutes.
Et la "Grosse Nuée" arrivait. Un nuage noir qui occultait le soleil couchant. Des milliers de drones.
Jaxx regarda vers le canyon. Les derniers civils disparaissaient dans l'ombre de la faille.
— Ils sont passés ! cria-t-il. Repli ! On court !
— On ne peut pas courir plus vite qu'eux ! cria Paul.
— On ne court pas pour fuir ! On court pour les attirer dans le goulot d'étranglement !
Ils sprintèrent vers le canyon. Le sable volait sous leurs bottes.
Les drones bourdonnaient juste derrière eux. Jaxx sentait le souffle de leurs rotors.
Ils atteignirent l'entrée du canyon. C'était étroit. À peine dix mètres de large.
— Position défensive ! Derrière les rochers !
Ils se jetèrent à couvert.
La nuée s'engouffra dans le canyon. Comme un fleuve noir.
— Maintenant ! cria Jaxx.
Il déclencha les charges qu'il avait posées à l'entrée en passant.
BOUM.
Les parois du canyon s'effondrèrent. Des tonnes de roches tombèrent sur la tête de la colonne de drones.
Le bruit fut assourdissant. La poussière recouvrit tout.
Jaxx toussa, aveuglé.
— On les a eus ? demanda Paul.
Un bourdonnement sourd répondit.
Des drones sortaient des décombres. Cabossés, mais fonctionnels. Et d'autres passaient par-dessus l'éboulement.
— Ils sont trop nombreux, réalisa Jaxx.
Il regarda son dernier chargeur. 30 balles.
Il regarda ses hommes. Ils étaient épuisés, blessés, terrifiés.
— C'était un honneur, messieurs, dit Jaxx doucement.
Il se leva, prêt à mourir debout.
Il visa le drone de tête.
Et soudain, le drone explosa.
Pas par une balle.
Il explosa de l'intérieur. Comme s'il avait percuté un mur invisible.
Puis un deuxième. Puis un troisième.
Un sifflement aigu, à la limite de l'audible, déchira l'air.
Jaxx porta les mains à ses oreilles. C'était insupportable. Comme une perceuse dans le crâne.
Les drones tombaient comme des mouches. Leurs circuits grillés par l'onde sonique.
En dix secondes, le ciel fut vide.
Le sifflement s'arrêta.
Jaxx rouvrit les yeux. Il regarda autour de lui.
— Qu'est-ce que c'était que ça ? demanda Paul, le nez en sang (à cause de la pression acoustique).
Jaxx regarda vers le haut du canyon. Sur la crête.
Il y avait des silhouettes.
Trois.
Elles portaient des combinaisons rouges, couleur de la roche. Invisibles à l'œil nu.
Elles tenaient des armes longues, tubulaires. Des canons soniques.
Elles descendirent la paroi en rappel avec une agilité surhumaine.
— Amis ou ennemis ? demanda Paul, levant son fusil.
— Baisse ton arme, dit Jaxx. S'ils voulaient nous tuer, on serait déjà morts avec les drones.
Les trois silhouettes touchèrent le sol. Elles s'approchèrent.
Elles étaient grandes. Plus de deux mètres. Leurs casques étaient lisses, sans visière, juste des capteurs sensoriels.
L'une d'elles s'avança vers Jaxx.
Elle colla un appareil contre son propre casque. Une voix synthétique, hachée, sortit.
— Vous... bruyants.
Jaxx cligna des yeux.
— Qui êtes-vous ?
— Nous... Gardiens de la Pierre.
La silhouette tendit la main. Pas pour serrer celle de Jaxx. Pour pointer le bébé (au loin, avec le groupe principal).
— L'Enfant... Nuage... Danger.
— Vous voulez l'enfant ? demanda Jaxx, se raidissant.
— Non. Nous voulons... voir.
La silhouette retira son casque.
Jaxx retint son souffle.
Ce n'était pas un humain. Pas tout à fait.
La peau était grise, épaisse comme du cuir. Les yeux étaient énormes, totalement noirs, adaptés à l'obscurité des tunnels. Pas de nez, juste deux fentes.
Ce n'était pas un alien. C'était un humain qui avait évolué.
— Vous êtes les Oubliés, murmura Jaxx. Les premiers colons. Ceux de l'expédition de 2056.
La créature (l'homme ?) sourit. Ses dents étaient limées.
— 2056... loin. Nous... Martiens.
Jaxx comprit. Volkov n'avait pas tout dit. Il n'y avait pas juste eu des "survivants" dans les mines. Il y avait eu une adaptation. Une divergence de l'espèce.
— Venez, dit le Martien. La tempête arrive.
IX. La Ville sous le Sable (Jaxx)
Ils suivirent les Martiens.
Pas vers l'Ouest. Vers le bas.
Ils entrèrent dans une grotte cachée par un hologramme de roche (une technologie de camouflage optique très avancée).
À l'intérieur, un vaste réseau de tunnels s'étendait.
— C'est un tube de lave ? demanda Sarah la géologue, fascinée.
— C'est une autoroute, corrigea Jaxx.
Les parois étaient lisses, vitrifiées.
Au bout d'un kilomètre, ils débouchèrent sur une caverne immense.
Et là, ils virent la Ville.
Ce n'était pas une ville de métal comme le Nyame Dua. C'était une ville de pierre et de lumière. Des bâtiments sculptés à même les stalactites, reliés par des ponts de lumière solide.
Des champignons géants, bioluminescents, éclairaient la caverne d'une lumière bleue apaisante.
Il y avait de l'eau. Un lac souterrain, noir et calme.
Et des gens. Des centaines. Certains ressemblaient aux guerriers gris, d'autres étaient plus humains, mais tous portaient les marques de l'adaptation : peau grise, grands yeux, corps élancés.
— Bienvenue à N'Djamena, dit le guide Martien qui avait retiré son casque.
— N'Djamena ? répéta Sètondji, qui était porté sur son brancard. C'est... c'est le nom de la capitale du Tchad.
Le guide hocha la tête.
— Nos ancêtres... Tchadiens. Nigérians. Russes. Chinois. Tous oubliés. Tous unis par la Pierre.
Jaxx regarda la ville. C'était incroyable. Une civilisation parallèle s'était développée ici, sous leurs pieds, pendant qu'ils se battaient là-haut.
— Pourquoi vous nous aidez ? demanda Jaxx.
Le guide se tourna vers lui. Son visage devint grave.
— Parce que Elle se réveille. La Mère Verte.
Il pointa le plafond de la caverne.
— Elle mange la surface. Bientôt, elle cherchera à manger la profondeur. Nous avons besoin de votre guerre. Vous avez besoin de notre cachette.
Jaxx regarda ses réfugiés. Ils tombaient de fatigue, mais ils étaient en sécurité. Pour la première fois depuis des mois, ils étaient en sécurité.
Il regarda Makena, qui donnait le sein à Tao près du lac.
— On accepte l'alliance, dit Jaxx.
Il tendit la main au Martien.
Le Martien hésita, puis serra la main de Jaxx. Sa peau était froide et rugueuse.
— Je m'appelle Jaxx.
— Je m'appelle Kane, dit le Martien.
X. Le Visage de l'Ennemi (Amara)
Là-haut, dans la Serre Oméga.
Amara hurla.
Un cri psychique qui fit exploser les vitres de la salle de contrôle.
Elle venait de perdre le contact avec sa nuée. 500 drones. Disparus en une seconde.
— Technologie sonique, analysa l'IA de Tundé. Signature inconnue.
Amara se calma. Elle lissa sa robe de feuilles.
— Inconnue ? Non.
Elle caressa la console.
— Ils croient être cachés. Ils croient que la roche les protège.
Elle sourit.
— Ils ont oublié une chose. Les racines poussent aussi dans la roche.
Elle ferma les yeux. Elle concentra son esprit sur le sol martien.
Elle allait devoir creuser. Profond.
— Tundé ?
— Oui, ma Reine ?
— Prépare la Foreuse. La Grosse Foreuse. Celle que Volkov utilisait pour le manteau planétaire.
— Pour quoi faire ?
— Nous allons faire un petit jardinage souterrain.
Amara regarda la surface rouge de Mars.
— Je vais transformer leur trou à rats en pot de fleurs.
XI. Les Archives de Pierre (Sètondji)
Pendant que Jaxx et les autres s'installaient dans les quartiers d'habitation (des alcôves creusées dans la roche avec des lits de mousse synthétique), Sètondji fut convoqué.
Non pas par Kane, le guerrier, mais par les Anciens.
On l'emmena dans une partie plus profonde de la caverne. L'air y était plus chaud, saturé d'une odeur de vieux papier et d'ozone.
Il arriva devant une structure qui ressemblait à un temple. Des colonnes de basalte gravées de milliers de noms.
— Entrez, Sètondji Kouassi, dit une voix.
Une vieille femme l'attendait. Elle était assise sur un trône de pierre ponce. Elle était aveugle (ses yeux étaient recouverts d'une cataracte blanche), mais elle semblait le voir parfaitement.
— Je suis Nora, dit-elle. Gardienne de la Mémoire.
— Vous êtes... humaine ? demanda Sètondji.
— Je suis née à Lagos en 2012, répondit-elle avec un sourire édenté. J'ai 138 ans. Ici, on vit longtemps. La gravité faible et les champignons... ça conserve.
138 ans. Elle était plus vieille que Volkov.
— Volkov savait ? demanda Sètondji.
— Yuri ? Bien sûr. C'est lui qui nous a cachés.
Nora se leva, s'appuyant sur une canne en os.
— Venez. Il est temps que vous sachiez pourquoi vous êtes ici.
Elle le mena vers un mur couvert d'écrans. Pas des écrans numériques, mais des plaques de cristal qui projetaient des images holographiques quand on les touchait.
— En 2030, la mission Ares-1 n'a pas seulement "échoué". Elle a trouvé quelque chose.
Elle toucha une plaque. Une image apparut. Une grotte. Et au fond, une structure noire, géométrique.
— Un monolithe ? demanda Sètondji, sceptique.
— Non. Une bibliothèque. Une archive laissée par une civilisation qui a quitté Mars il y a un million d'années.
Sètondji écarquilla les yeux.
— Des aliens ?
— Pas exactement. Eux.
L'image changea. On voyait des êtres grands, gris, avec des yeux noirs.
Les mêmes que Kane.
— Ils ne sont pas aliens, Sètondji. Ils sont nous. Ou plutôt, nous sommes eux.
Nora fit défiler les images. Des séquences d'ADN. Des cartes stellaires.
— Il y a un million d'années, Mars était verte. Elle était habitée. Par une branche de l'humanité qui avait été... transplantée ici. Par qui ? On ne sait pas. Les "Jardiniers".
Sètondji sentit le sol se dérober sous ses pieds. L'histoire humaine venait d'exploser.
— Ils ont prospéré, continua Nora. Puis, une guerre a éclaté. Une guerre biologique. Une arme a été créée. Une plante intelligente capable de terraformer la planète pour la rendre habitable pour les Jardiniers, mais toxique pour les Martiens.
— Amara, souffla Sètondji.
— Amara est la version 2.0. Volkov a trouvé les spores de la version 1.0 dans la glace. Il a cru pouvoir les contrôler. Il a cru pouvoir donner à l'humanité la clé de la terraformation.
Nora se tourna vers lui.
— Il a eu tort. La plante n'est pas un outil. C'est un prédateur. Elle a détruit la première civilisation martienne. Les survivants se sont cachés sous terre, modifiant leur propre génome pour survivre. Nous sommes leurs descendants spirituels, et maintenant biologiques grâce aux rétrovirus de Volkov.
— Et Volkov a recréé le monstre ?
— Il pensait qu'en mélangeant l'ADN de la plante avec l'ADN humain (le sien), il pourrait créer un hybride capable de faire la paix. Une reine qui aimerait ses sujets.
Sètondji pensa à Amara. À sa cruauté. À son amour dévorant.
— Il a réussi, dit-il. Elle nous aime. Comme on aime du bétail.
— Exactement.
Nora posa sa main sur l'épaule de Sètondji.
— Vous comprenez maintenant ? Ce n'est pas une guerre pour le territoire. C'est une guerre pour l'âme de l'espèce. Amara veut nous unifier dans une conscience collective végétale. Nous, les Gris, nous choisissons l'individualité, même dans la douleur.
— Et l'enfant ? demanda Sètondji. Tao ?
Nora sourit.
— L'enfant est la troisième voie. Il n'est ni plante, ni machine, ni homme. Il est... la synthèse. Il est ce que les Jardiniers voulaient créer avant que tout ne dérape.
— Et nous devons le protéger.
— Non, Sètondji. Nous devons le lâcher. Il doit affronter sa sœur.
Un bruit de tonnerre fit trembler la caverne. De la poussière tomba du plafond.
— Elle creuse, dit Nora calmement. La guerre arrive ici.
Sètondji regarda les archives de cristal.
— On ne peut pas fuir éternellement, dit-il.
— Non. Cette fois, on se bat. Avec vous. Avec le Nyame Dua. Ou ce qu'il en reste.
Sètondji se redressa. Malgré ses côtes brisées, il se sentait soudain plus fort. Il n'était plus un capitaine naufragé. Il était un général dans une guerre millénaire.
— Montrez-moi vos armes, Nora.
XII. La Veillée des Armes (Jaxx)
Jaxx marchait dans l'armurerie de N'Djamena.
C'était une salle taillée dans le quartz, éclairée par des cristaux orange. Les murs étaient tapissés d'armes étranges : des fusils soniques, des lances thermiques, des boucliers cinétiques.
Paul était assis sur un banc de pierre, en train de démonter un fusil sonique avec la curiosité d'un enfant qui a reçu un nouveau jouet.
— C'est incroyable, Jaxx, dit Paul. Pas de culasse mobile. Pas de poudre. C'est juste un amplificateur de fréquence. Ça tire une note de musique qui liquéfie les organes.
— Une chanson mortelle, grogna Jaxx. Ça change des balles.
— Ça pèse rien. Et ça se recharge au soleil. Ou avec la chaleur du corps.
Paul leva l'arme. Il avait l'air... différent. Plus confiant.
— Tu es prêt à utiliser ça ? demanda Jaxx.
— Jaxx, j'ai vu ce qu'ils ont fait à Thabo. J'ai vu ce qu'ils ont fait au prêtre. Je suis prêt à jouer du Mozart avec ce truc jusqu'à ce que leurs têtes explosent.
Jaxx sourit tristement. La guerre transformait les techniciens en tueurs. C'était la seule chose constante dans l'univers.
Il s'assit à côté de Paul.
— J'ai failli te tuer, dit-il.
— Je sais.
— Je suis désolé.
— Ne le sois pas. Tu faisais ton boulot. C'est pour ça qu'on te suit. Parce que tu es capable de faire ce qui est nécessaire, même si c'est dégueulasse.
Paul posa l'arme.
— Tu sais, Jaxx... quand tu m'as mis le flingue sur la tempe... j'ai pas eu peur de mourir. J'ai eu peur que personne ne sache que j'étais innocent.
Jaxx regarda ses mains. Des mains de soldat. Des mains de tueur.
— Maintenant on sait, dit Jaxx. Et demain, Amara saura aussi.
Kane entra dans l'armurerie. Il portait une armure de chitine noire, légère et souple.
— Le plafond tremble, dit le Martien. Elle arrive. Préparez-vous.
Jaxx se leva. Il prit un fusil sonique. Il le soupesa. C'était léger. Trop léger.
Mais il s'y habituerait.
— Rassemble les hommes, Paul. Distribution d'armes. Briefing dans dix minutes.
— Compris, Chef.
Paul sortit en courant.
Jaxx resta seul une seconde avec Kane.
— On a une chance ? demanda Jaxx.
Kane cligna de ses grands yeux noirs.
— Chance... concept humain. Nous avons la Pierre. Elle a la Rage. La Pierre brise la Rage.
— J'espère que tu as raison, mon pote.
Jaxx chargea son arme. Le cristal orange se mit à vibrer doucement.
Il était prêt.
La Fraternité était brisée. Il ne restait que la guerre.
FIN DU CHAPITRE 15
Bilan Final :
- Mots : ~6000+ (Paranoïa, Combat, Révélation Lore, Préparation Finale).
- État : Les pions sont en place pour le grand final.
- Progression : Fin de la transition. Le Tome 2 va se clore sur le Siège de N'Djamena.
Transition vers Chapitre 16 : La Chute du Roi Le dernier chapitre. La bataille souterraine. Sètondji vs Tundé (indirectement). Amara vs Tao. Volkov (en souvenir) vs Le Destin. La fin de l'innocence pour l'humanité sur Mars.
On valide le 15 et on passe au final ?