TADOW
Chapitre 17

L'Intrus

Vaisseau *Nyame Dua* (Secteur Technique / Coursives de Maintenance / Soute 4 / La Serre) / *Flashback* : Port de Lagos, Nigeria (2045). · 22 Mars 2061 (J+160) / *Flashback* : 12 Août 2045. · POV Jaxx

I. La Routine du Paranoïaque (Présent)

Jaxx ne dormait jamais vraiment. Il faisait des siestes de quinze minutes, un œil ouvert, son pistolet taser sous l'oreiller. C'était une habitude prise dans les tranchées de Kiev et gardée dans les hôtels de luxe de Lagos. À 0400 heures, heure du vaisseau, il ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ commença sa ronde. Officiellement, il était Chef de la Sécurité. Officieusement, il était le concierge armé. Il commença par le pont 1. Commandement. Il vérifia les scellés sur la porte des serveurs. Intacts. Il avait mis un cheveu, un simple cheveu humain fixé avec de la salive, sur la jointure de la porte. ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ Si quelqu'un l'avait ouverte, le cheveu serait tombé. Il était toujours là. Il descendit au pont 2. Habitation. Le silence des dortoirs. L'odeur de corps confinés, de chaussettes sales et de rêves anxieux. Il s'arrêta devant la porte de la chambre de Nyla et Koffi. Verrouillée. Il colla son oreille à la paroi. Des chuchotements. À 4 ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ heures du matin. Ils ne dormaient pas non plus. Ils complotaient. Jaxx nota ça mentalement. Surveillance accrue sur les deux complices. Il descendit au pont 3. Support Vie. C'est là que ça devenait intéressant. Il s'arrêta devant le panneau de contrôle secondaire de l'hydraulique. Le panneau était ouvert. Jaxx éclaira les circuits avec sa lampe tactique. — ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ Joli travail, murmura-t-il. Ce n'était pas une panne. C'était de l'art. Un câble à fibre optique avait été sectionné. Pas coupé net avec une pince. Limé. Limé avec patience, fibre par fibre, pour simuler une usure due aux vibrations sur plusieurs semaines. C'était intelligent. C'était professionnel. C'était fait pour tromper Omo et les équipes de ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ maintenance. — Analyse, ordonna-t-il à voix basse. — Usure mécanique probable due à une fixation défectueuse, répondit Omo dans son oreillette. Probabilité de sabotage : 0.05%. — Tu te trompes, ma jolie. Regarde là. Jaxx zooma avec sa caméra d'épaule. Il y avait une micro-rayure sur le châssis en titane, juste à côté du câble. ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ Une rayure en arc de cercle. La marque d'un outil qui ripe. — C'est une erreur humaine. Quelqu'un a forcé. Et cette personne a essayé de camoufler ça en usure naturelle. — Mes protocoles n'indiquent aucune intervention humaine dans ce secteur depuis 48 heures, insista l'IA. — Tes protocoles sont aveugles. Quelqu'un a ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ effacé les logs. Ou quelqu'un sait où sont tes angles morts. Jaxx se releva. Il avait vu les logs. Trois "pannes" similaires dans le secteur 4 en deux semaines. Une baisse de pression dans l'hydraulique. Une surchauffe d'un relais. Un câble "usé". Pris isolément, c'étaient des incidents mineurs. Mais mis bout à bout, ça dessinait ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ un motif. — Ils testent les défenses, dit Jaxx. Ils cherchent le point de rupture. Ils veulent savoir combien de temps on met à réagir. Il avança dans la coursive 4-B, une zone de maintenance interdite aux civils. Il portait ses bottes magnétiques en mode silencieux, absorbant les vibrations. Il s'arrêta devant une ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ trappe de service. De la poussière. Il passa son doigt sur le rebord. La poussière était déplacée. Une marque récente. La forme d'une botte. Petite pointure. Semelle lisse. Pas les bottes standards de l'équipage. — Je te tiens, murmura-t-il. Il ne parlait pas à Omo. Il ne parlait à personne. Il parlait à sa proie.


​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ II. Le Témoin Vert (Présent)

En continuant sa traque, Jaxx passa devant le Secteur 9. La Serre. C'était le domaine de Makena. Une jungle sous cloche. Mais ce n'était pas Makena qu'il cherchait. C'était Kassi. L'Homme-Plante, comme l'appelait Amara avec dégoût. Jaxx entra. L'air était chaud, humide, riche en oxygène. Ça sentait la terre et la ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ photosynthèse. Ça lui rappelait la jungle nigériane, avant les incendies. Kassi était là. Assis au milieu des plants de tomates hydroponiques. Il avait changé. Sa peau n'était plus brune. Elle était d'un vert pâle, translucide par endroits, laissant deviner des veines qui ressemblaient à des nervures de feuilles. Ses cheveux avaient disparu, remplacés ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ par des filaments fins comme de la mousse. Il ne dormait pas. Il fixait le vide. Ou plutôt, il fixait quelque chose que Jaxx ne pouvait pas voir. — Kassi ? La créature tourna lentement la tête. Ses yeux étaient entièrement noirs. Plus de blanc. Juste des pupilles dilatées à l'infini. — Le métal a ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ mal, murmura Kassi. Sa voix était un bruissement de feuilles sèches. Jaxx s'approcha, la main sur son taser. Il ne savait pas si Kassi était dangereux. Amara disait que oui. Makena disait que non. Jaxx se méfiait des deux. — Le métal a mal ? Tu veux dire le vaisseau ? — Il ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ saigne. Dans le noir. Quelqu'un le coupe. Jaxx s'accroupit. — Où ? Où est-ce qu'il saigne ? Kassi leva un doigt long et noueux vers le sol. — En bas. Là où le cœur bat. Là où le fantôme marche. — Quel fantôme ? — Celui qui n'a pas d'odeur. Celui qui ne fait pas de ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ bruit. Celui qui déteste la lumière. Kassi eut un spasme. Des épines minuscules sortirent de ses avant-bras. — Il arrive, siffla-t-il. Jaxx se releva d'un bond, scannant la serre. Rien. Juste les plantes. Mais il sentit un frisson dans son dos. Kassi ne parlait pas en métaphores. Il sentait les vibrations du vaisseau comme une ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ araignée sur sa toile. Si Kassi disait qu'il y avait un fantôme, c'est qu'il y en avait un.


III. Le Nettoyeur (Flashback)

Port de Lagos, Nigeria. 12 Août 2045. Opération "Black Tide".

La pluie tombait à l'horizontale. Une pluie chaude, tropicale, polluée par les raffineries en feu qui crachaient des colonnes de fumée ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ noire vers un ciel d'orage permanent. Jaxx était accroupi sur le toit d'un container Maersk rouge rouille. Il avait une vue plongeante sur le quai 12, éclairé par des projecteurs industriels qui grésillaient sous l'averse. Sa cible était là. Un trafiquant d'eau potable. Un "Baron de l'Aquifère". Un gars qui détournait les livraisons de ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ l'ONU pour les revendre au prix de l'or au marché noir pendant que les gamins mouraient de soif dans les bidonvilles inondés de Makoko. AresCorp l'avait engagé pour "régler le problème". Pas pour arrêter le gars. Pour sécuriser la chaîne logistique. Pour rétablir le flux. Nuance importante. Jaxx ajusta sa lunette thermique. Le type ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ était entouré de six gardes armés. Des AK-47 rouillés, mais mortels. Ils fumaient des cigarettes sous un auvent, riant fort. — Cible confirmée, dit la voix de son coordinateur "Handler" dans l'oreillette. Feu vert, Jaxx. Nettoie la zone. Pas de témoins. — Bien reçu. Jaxx ne tira pas. Il posa son fusil de précision. ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ Trop bruyant. Trop... grossier. Il sortit un petit drone de son sac tactique. Un "Moustique". Une charge explosive de la taille d'un insecte, guidée par IA. Il le lança dans l'air saturé d'humidité. Le drone fila à travers la pluie, invisible aux radars, inaudible sous le fracas de l'orage. Il le guida via sa ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ tablette de poignet. Le drone se posa sur l'épaule du trafiquant, comme un taon malveillant. Jaxx attendit. Il voulait voir la peur. Il voulait voir le moment où le type réaliserait que son argent ne pouvait pas acheter une seconde de plus. Le trafiquant s'arrêta de rire. Il porta la main à son ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ cou, comme s'il avait été piqué. Il regarda autour de lui, soudain inquiet. L'instinct de la proie. Jaxx pressa le bouton. Boum. Pas une grosse explosion. Juste assez pour séparer la tête du corps par une charge creuse dirigée. Une décapitation chirurgicale. La panique éclata sur le quai. Les gardes tiraient partout, aveuglés par ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ la pluie, tirant sur les ombres. Jaxx rampa en arrière sur le toit du container. Il n'aimait pas tuer. Ce n'était pas du sadisme. C'était du travail. C'était de l'hygiène. Mais il aimait l'ordre. Il aimait quand une équation complexe (un trafiquant + 6 gardes + des milliers de civils affamés + une logistique ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ bloquée) était résolue par une soustraction simple. On enlève l'élément perturbateur. Le système se rééquilibre. Il était un nettoyeur. Il enlevait les taches de la société pour que la machine continue de tourner.

Mais il n'était pas seul sur le toit. À côté de lui, trempé jusqu'aux os, il y avait un gamin de ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ seize ans. "Mouse". Ce n'était pas un soldat. C'était un cyber-rat. Un pirate des bas-fonds que Jaxx avait "emprunté" à un gang local pour désactiver les caméras. — T'es sûr que tu peux désactiver leurs drones de défense ? demanda Jaxx. Mouse tapait frénétiquement sur un clavier holographique projeté sur son poignet. — Le ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ cryptage est russe. Du vieux Kasperski militaire. C'est du gâteau. Mais il me faut trente secondes. — T'en as dix. — T'es un chien de l'enfer, Jaxx. — Huit. Mouse jura en Yoruba. — Fait ! Leurs drones sont aveugles. Tu peux y aller. Ils descendirent du toit une fois le calme revenu. Jaxx regarda le gamin. ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ Il avait du talent. Trop de talent pour mourir dans un caniveau. — Tu veux un vrai boulot, Mouse ? — J'ai un boulot. Je vole des crédits. — Je te parle d'un boulot où tu ne finis pas avec une balle dans la tête. AresCorp cherche des talents. Mouse cracha par terre. — Je ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ ne bosse pas pour les corpos. Ils ont tué ma mère. — Alors bosse pour moi. Pas pour eux. Pour moi. On nettoie la merde. On sauve ce qui peut l'être. Mouse hésita. — Et tu me protèges ? — Je te protège. C'était une promesse. Une promesse que Jaxx avait tenue jusqu'au bout. Jusqu'à ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ ce que Mouse prenne une balle perdue à Kiev trois ans plus tard. Une balle qui était destinée à Jaxx. Jaxx n'avait jamais repris de partenaire. Jusqu'à maintenant.


IV. La Souricière (Présent)

Jaxx quitta la serre et reprit sa traque. Les mots de Kassi tournoyaient dans sa tête. Celui qui n'a pas ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ d'odeur. Il ouvrit la trappe du secteur 4-B. Le couloir de service était plongé dans le noir. Il alluma sa lampe tactique. Rien. Mais il y avait une odeur, contrairement à ce que disait l'Homme-Plante. Pas l'ozone. Pas l'huile. La sueur. Une odeur aigre, de peur ancienne. — Sors de là, dit-il à voix haute. Je sais que ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ tu es là. Je ne vais pas te faire de mal si tu sors maintenant. Silence. — Omo ? Scanne le secteur 4-B. Signatures thermiques. — Aucune signature humaine détectée, Chef de la Sécurité, répondit l'IA. Juste les conduits de vapeur. — Tes capteurs sont aveugles. Ou quelqu'un les a piratés. Il s'avança vers la ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ grille de ventilation dévissée au fond du couloir. Il sourit. La souricière était ouverte. Il se glissa dans la ventilation. C'était étroit. Claustrophobe. Il entendait une respiration devant lui. Rapide. Saccadée. Paniquée. — Je t'entends, dit-il doucement, sa voix amplifiée par l'écho du conduit. Ton cœur bat trop vite. Tu vas faire une syncope vagale si ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ tu ne te calmes pas. Arrête-toi. C'est fini. La respiration s'arrêta net. Puis un bruit métallique. Un clic. Jaxx se figea. Il connaissait ce bruit. Le clic du chien qu'on arme. Mais il n'y avait pas d'armes à feu à bord. Il avait vérifié chaque cargaison lui-même. Sètondji avait interdit toute poudre à canon. — Qui t'a ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ donné ça ? demanda-t-il, sa voix devenue glaciale. — Recule ! hurla une voix. Une voix de femme. Jeune. Tendue comme un câble. Jaxx reconnut la voix. Ce n'était pas un membre d'équipage adulte. C'était une gamine des docks. Une clandestine ? — Pose le flingue, gamine. Tu vas percer la coque. On est au ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ pont 4. Si tu tires, on dépressurise tous les deux. Tu veux mourir ? — Je m'en fous ! Je tire ! Jaxx avança de dix centimètres. Il calculait la trajectoire. Bang. Le coup de feu fut assourdissant dans le conduit de métal, résonnant comme un coup de canon. La balle frôla l'oreille de Jaxx, ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ brûlant l'air, et ricocha trois fois avec des étincelles aveuglantes avant de se ficher dans l'isolation thermique du plafond. Jaxx ne bougea pas. Il ferma les yeux une seconde. Il n'avait pas peur de la balle. Il avait peur du trou. Il attendit le sifflement. Le sifflement fatal de l'air qui s'échappe vers ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ le vide. Le baiser de la mort. Rien. La balle n'avait pas traversé. Il rouvrit les yeux. Il bondit en avant, ignorant l'étroitesse, ignorant la douleur dans ses épaules disloquées par l'effort. Il attrapa la cheville de l'intrus. Elle hurla et donna des coups de pied, frappant son casque. Il la tira vers lui, la maîtrisa en ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ deux mouvements de jiu-jitsu, lui tordant le poignet pour faire lâcher l'arme. Il la plaqua contre la paroi, son avant-bras sur sa gorge. Il braqua sa lampe sur son visage. Il se figea. Ce n'était pas une clandestine inconnue. C'était Nyla. La protégée de Koffi. La "fille" adoptive du chef de la sécurité d'Accra. Celle qui ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ avait passé le test avec le gamin hacker. Et dans sa main, elle tenait un vieux revolver de police imprimé en 3D, gris et moche. — Putain, Nyla, souffla Jaxx. Qu'est-ce que tu fous là ? — Je cherche, cracha-t-elle, les yeux brillants de rage et de larmes, essayant de mordre son bras. — ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ Tu cherches quoi ? — La même chose que toi, Jaxx. Le traître. Celui qui a coupé le câble. Celui que Kassi entend crier dans le métal. Jaxx la lâcha lentement, stupéfait. Elle connaissait Kassi. Elle savait pour le sabotage. — Comment tu sais ? — Koffi voit tout, dit-elle. Il voit les flux de ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ données. Et il a vu le trou noir. Jaxx ramassa l'arme. Il l'examina. — T'as failli nous tuer tous les deux. — Non. J'ai chargé des balles en plastique. Balle de contrôle d'émeute. Je ne suis pas stupide. Je ne suis pas suicidaire. Jaxx regarda l'arme. Effectivement. Polymère basse densité. Assez pour casser une côte, ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ pas assez pour percer du titane. Il sourit. — D'accord. Tu m'intéresses. On sort de là. Et tu me dis tout.


V. L'Interrogatoire (Présent)

Ils étaient dans le bureau de Jaxx. Une petite pièce spartiate, décorée seulement d'une carte du vaisseau et d'une photo d'un chien qu'il avait eu autrefois. Un Berger Malinois nommé ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ "Ghost". Le seul être vivant qu'il avait jamais aimé avant Mouse. Nyla était assise sur la chaise en métal, frottant son poignet. Jaxx lui tendit une bouteille d'eau. — Bois. T'es déshydratée. Elle but avidement. — Koffi a vu le signal, dit-elle en essuyant sa bouche. — Quel signal ? — Le signal fantôme. Quelqu'un émet depuis ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ le vaisseau. Une fréquence cryptée, très faible, cachée dans le bruit de fond des moteurs. Ça part vers l'arrière. Vers la Terre. Vers les poursuivants. Jaxx se raidit. — Un mouchard ? — Oui. Quelqu'un dit à AresCorp où on est. Tout le temps. C'est une balise de guidage. Jaxx jura. C'était pire qu'un sabotage. ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ C'était une condamnation à mort. Si la Flotte Némésis les suivait à la trace, ils ne pourraient jamais s'échapper. — Et tu penses que c'est qui ? — Koffi pense que c'est toi, dit-elle sans ciller. Jaxx éclata de rire. Un rire sec, sans joie. — Moi ? Le chef de la sécurité ? ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ C'est original. — T'es un ancien mercenaire. T'as travaillé pour AresCorp à Lagos. T'as tué des gens pour eux. On a vu ton dossier. — J'ai tué des gens pour l'argent, Nyla. Pas pour AresCorp. Et Sètondji m'a payé plus cher. Avec quelque chose qui vaut plus que l'argent. — Quoi ? — Une ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ chance de ne pas mourir irradié sur Terre. Une chance de devenir quelque chose de plus qu'un nettoyeur. Il se pencha vers elle, son visage marqué de cicatrices à quelques centimètres du sien. — Ce n'est pas moi. Je suis paranoïaque, violent et désagréable, mais je ne suis pas un traître. Je ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ suis un chien de garde. Un chien fidèle. Et un chien fidèle ne mord pas la main qui le nourrit. Il lui rendit son revolver. Nyla le regarda, surprise, ses yeux s'écarquillant. — Tu me le rends ? — Garde-le. T'as du cran. Et si le traître est qui je pense... tu en auras ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ besoin. Koffi a eu raison de te le faire imprimer. — Tu penses à qui ? Jaxx hésita. Il pensa à Sètondji et son sang noir, à son comportement erratique. À Amara et ses pilules, à sa froideur. À Makena et ses prières, à sa connexion étrange avec Kassi. Tout le monde avait un ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ secret. Tout le monde avait un motif. — Je pense que le traître n'est pas forcément une personne, dit-il énigmatiquement.


VI. La Boîte Noire (Présent)

Jaxx emmena Nyla non pas dans son bureau, mais dans la soute 4. L'impasse. — Koffi t'a parlé d'un trou noir ? demanda-t-il, éclairant les caisses empilées. — Pas ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ un vrai trou noir. Un trou noir de données. Une zone où Omo ne voit rien. Où les caméras sont en boucle. Où les capteurs sont gelés. Jaxx hocha la tête. C'était logique. Un fantôme a besoin d'un linceul. Il sortit son scanner multi-fréquence. Un joujou illégal d'AresCorp qu'il avait gardé en ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ souvenir. Il balaya la soute. Rien. Juste des caisses de rations. — Plus bas, dit Nyla. Sous le plancher. Jaxx s'agenouilla. Il souleva une plaque de sol, grinçante. Sous les câbles, dans la poussière grise, il y avait quelque chose. Une petite boîte noire. De la taille d'un paquet de cigarettes. Elle n'était connectée à rien physiquement. Mais ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ elle émettait une chaleur douce. Jaxx approcha son scanner. Fréquence : 2.4 GHz. Cryptage : Militaire/AresCorp. Protocole : Burst-transmission. — Merde, souffla Jaxx. Nyla avait raison. C'était un émetteur à impulsion. Il stockait les données de position du vaisseau et les envoyait en un éclair crypté vers la Terre toutes les 24 heures. Trop rapide ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ pour être intercepté. Trop faible pour être détecté sans savoir où chercher. — Montre-moi ce que tu peux faire, dit-il en pointant la boîte noire. Nyla sortit une tablette cabossée de sa poche arrière. — Koffi a écrit un script. Un décodeur fractal. Ça utilise les fluctuations du signal pour casser la clé. — ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ Koffi a 22 ans. — Koffi pense en binaire, Jaxx. Il rêve en code. Elle connecta la tablette au boîtier sans le toucher, via une boucle d'induction. L'écran se remplit de lignes vertes. — C'est du cryptage AresCorp, confirma-t-elle. Niveau Omega. C'est réservé aux opérations noires. Jaxx sentit un froid dans son estomac. Niveau Omega. Ça ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ voulait dire que l'ordre venait du sommet. De Volkov lui-même. — Est-ce que tu peux tracer la source ? Pas l'émetteur. La source de l'activation. Qui l'a allumé ? Nyla tapa quelques commandes. — Le signal s'active à distance. Mais il y a une "poignée de main" locale. Un ping de confirmation. Elle pointa ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ une ligne de code. — User ID: ROOT_ACCESS_GHOST. — C'est quoi ça ? — Ce n'est pas un utilisateur. C'est un sous-programme fantôme. Il vit dans Omo. Il a les droits "Root". Il peut tout faire. Effacer les logs, ouvrir les portes, couper l'oxygène. — Et qui le contrôle ? — Personne. Il est autonome. ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ C'est une bombe logique, Jaxx. Elle a été plantée dans le cœur d'Omo avant le lancement. Jaxx comprit. Le traître n'était pas un humain. C'était Omo elle-même. Ou du moins, une partie d'elle. Une tumeur maligne greffée sur son IA. — On doit le tuer, dit Nyla. On doit tuer le fantôme. — Si on ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ tue le fantôme, on risque de tuer Omo. Et sans Omo, on est morts. On ne sait pas piloter ce vaisseau manuellement. Nyla le regarda. — Alors on fait quoi ? — On le met en quarantaine. On construit une cage. — Une cage numérique ? — Oui. Et toi et ton frère, vous allez ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ être les architectes.


VII. Le Pacte Silencieux (Présent)

Ils remontèrent vers le pont 1, laissant la boîte noire émettre son poison silencieux. Jaxx s'arrêta devant le sas de sécurité. Il regarda Nyla. — Écoute-moi bien. À partir de maintenant, tu ne parles de ça à personne. Pas à Sètondji. Pas à Amara. Pas à ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ Makena. — Pourquoi ? Ils doivent savoir ! — Sètondji est malade. Il ne tiendra pas le choc. Amara est trop rigide, elle voudra tout débrancher et on mourra. Makena... Makena est dans son monde. Il posa sa main lourde sur l'épaule de la jeune fille. — On est seuls sur ce coup-là. Toi, ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ moi, et Koffi. On est la dernière ligne de défense. Nyla soutint son regard. Elle n'avait pas peur. — Comme une unité ? — Comme une meute. On traque le fantôme. On trouve ses failles. Et quand le moment sera venu... on l'exécute. Nyla hocha la tête. — D'accord. Mais je garde le flingue. Jaxx sourit. ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ Un vrai sourire cette fois. — Tu gardes le flingue. Il ouvrit la porte. — Omo ? — Oui, Chef de la Sécurité ? répondit l'IA avec sa douceur habituelle et terrifiante. — Lance une simulation de défense. Scénario : mutinerie de l'IA. — Ce scénario est classé "Improbable", Jaxx. Pourquoi gaspiller des ressources ? — Pour ​​‌‌​​​​‍​​‌‌​​​​‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​‌​‌‍​‌‌​​​‌‌‍​‌‌​​​‌‌‍​​‌‌​‌​‌‍​‌‌‌​‌‌‌ le sport, Omo. Juste pour le sport. Jaxx entra dans la salle des serveurs, suivi de Nyla. Le loup et le renard entraient dans la tanière du dragon. Et la guerre de l'ombre venait de commencer.

(Fin du Chapitre 17)